Les vestiges de Flaubert. Gemma Bovary, récriture de Madame Bovary

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Abstract

[Fr:]En publiant en 2009 le roman graphique Gemma Bovery, Posy Simmonds a accompli un véritable travail de récriture (rewriting) du chef-d’œuvre de Flaubert, transposé dans la Normandie contemporaine. Dans la bande dessinée, saluée même par des flaubertiens renommés comme un petit chef-d’œuvre, Gemma Bovery et son mari Charlie sont un couple en crise qui décide de quitter Londres pour vivre dans le ‘rêve’ de la province française, l’une comme décoratrice d’intérieur, l’autre comme restaurateur d’objet d’art. C’est à Bailleville (« bâiller ») que ceux-ci font la connaissance de Raymond Joubert, féru de littérature et inévitablement de Flaubert (il a anciennement travaillé dans une maison d’édition parisienne, avant de reprendre la boulangerie familiale) : Joubert/Flaubert ne peut que souligner, dès le début, la proximité des noms des deux héroïnes (Gemma Bovery/Emma Bovary). Mais le démon de l’analogie n’est qu’à son début. Nous nous proposons d’étudier cette bande dessinée fine et inédite en insistant sur ses procédés de récriture qui mettent en cause en particulier : - la fonction transculturelle d’un classique de la littérature du XIXe siècle : que peut représenter Madame Bovary pour une femme anglaise de nos jours, en crise conjugale et qui peut jouir de la liberté accordée aux jeunes déracinés, nomades et ‘liquides' (Bauman) du XXIe siècle ? Ce point nous permettra d’aborder aussi la question des stéréotypes culturels et littéraires qui se lient aux pratiques de récriture. - la dialectique entre identité et différence, incarnée par Joubert qui, tout en étant un double de Flaubert, est surtout une figure d’auteur/d’autorité en parabole descendante, souhaitant contrôler la vie de Gemma par des allusions continuelles à la tragédie de son alter-égo littéraire, mais perdant toute confiance par son irritabilité et ses allures de voyeur. - les « rapports de force » existant entre ‘littérature’ et ‘bande dessinée’ dans cette récriture qui, en opérant une transmedia rewriting, joue très habilement sur les différentes autorités qui la structurent (littéraire, iconique, textuelle). Dans Gemma Bovery, la prééminence de l’espace-texte sur l’espace-image, la présence de certains pertextes emblématiques (du roman de Flaubert à lettre de Rodolphe recopiée par Joubert) invitent à élargir la réflexion à la question de la domination intellectuelle de la littérature par rapport au neuvième art. Si une certaine fidélité intellectuelle à Flaubert a été soulignée par Leclerc (le bovarysme, palpable dans le dévouement de Gemma aux revues de décorations d’intérieur, la thématique flaubertienne de la « copie »), notre propos sera plutôt celui d’insister sur les éléments d’originalité de ce montage savant, aussi bien que critique, de texte et image récrivant Madame Bovary.
Titolo tradotto del contributo[Autom. eng. transl.] The remains of Flaubert. Gemma Bovary, rewriting by Madame Bovary
Lingua originaleFrench
Titolo della pubblicazione ospiteInterartes. Diegesi migranti
Pagine311-323
Numero di pagine13
Stato di pubblicazionePubblicato - 2019

Keywords

  • Flaubert, Gustave
  • bande dessinée
  • pertexte
  • récriture
  • stéréotype

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