Abstract
[Fr:]À l’encontre du « purisme populiste » (Gérald) de Gourmont, qui croit en une langue originaire (et à une littérature) qui « ne reçoit rien et n’emprunte rien » (Roussin), Proust pétrit son roman en une matière linguistique impure, pleine de déchets et de restes (Malcolm Bowie), qui, dans leur “étrangeté” radicale, n’en sont que plus féconds. La pensée de la langue qui se développe dans l’écriture de Proust s’oppose en effet terme à terme à l’idéologie nationaliste qui, dès la fin du dix-neuvième siècle, pénètre la réflexion linguistique et littéraire en France. Au cratylisme de Ramuz, de Gourmont, et finalement de Céline (dans la langue du peuple les mots sont le réel, et ce réel est essentiellement français), Proust oppose « l’Âge des choses », que son héros comprend avec tant de peine, où l’impureté du vivant se fait style. Au lieu de représenter un risque de “contamination”, des « colonies ailées et vibratiles de parasites précieux» nourrissent dans la Recherche les Acacias du Bois de Boulogne, ainsi que la langue française, que Proust ne craint pas de rendre « étrangère ». Cet essai vise à retracer et à mieux comprendre la portée littéraire et politique d’une telle esthétique de la langue, qui ne cesse de représenter, dans un vint-et-unième siècle de localismes et de simplifications nationalistes, un défi et une provocation
| Titolo tradotto del contributo | [Autom. eng. transl.] “Precious Parasites: Impurity and Anti-Nationalism in the Proustian Novel” |
|---|---|
| Lingua originale | Francese |
| Titolo della pubblicazione ospite | Labours of Attention: Work, Class and Society in French and Francophone Literature and Culture |
| Pagine | 204-212 |
| Numero di pagine | 9 |
| Volume | 2022 |
| Stato di pubblicazione | Pubblicato - 2022 |
Keywords
- Proust, purism, nationalism, Cratylism, ideology, racism
- Proust, purisme, nationalisme, cratylsime, idéologie, racisme